Biographie de Volo - Groupe de chanson française
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Alors ce serait une histoire de frangins. De celle qui se décline au fil des cordes de guitare et des concerts, des grandes déroutes amoureuses et des rencontres qui bouleversent des vies. Une histoire de révoltes partagées très tôt et de fêtes qui se prolongent jusque tard. Ce serait donc une histoire de Volo – de Volovitch, un patronyme venu d’Ukraine – de deux voix fraternelles aux élégances singulières qui se répondent et se complètent, s’interrogent et se bousculent. Deux frères, donc, qui s’accordent pour interroger tout de go la marche du monde, des recoins de la vie intérieure aux vastes tumultes à venir. Avec lucidité, toujours ; humour et tendresse, surtout.

 

Pour Avec son frère, leur sixième album studio, Frédo Volo – qui fit notamment ses armes chez les Wriggles – et Olivier Volo regardent filer le temps et dressent en tandem leurs premiers bilans. Un brin ébahis, déjà, de se voir si juvéniles sur les caméscopes désormais relégués à la cave (« Jeune et beau »), presque surpris de se retrouver pères d’enfants à l’audace bashungienne (« Joséphine »), émus comme jamais lorsqu’il s’agit de faire des adieux à la maison des parents (« Disons ») et, quelque part, à la prime jeunesse soudain cataloguée en flopée floue de souvenirs (« Un peu beaucoup »).

Un album, où, comme souvent chez les Volo, le récit de l’intime tutoie les tourments de l’époque, où les questions générationnelles se confrontent à la valse incessantes des injonctions contradictoires de nos vies occidentales. Ainsi, « Je me demande quand » s’impose comme une chanson-catalogue qui répertorie de façon cinglante et caustique les absurdités revendiquées d’un monde sur le point de « dépasser c’est sûr, les deux degrés ». Ou « Avec son frère », chanson éponyme, qui raconte en filigrane la condition de migrant et la tragédie du départ. Sans un instant délaisser la subtilité de l’analyse politique pour plonger dans le manichéisme ou la plainte, les frères Volo partagent avec franchise le regard qu’ils posent sur le monde, un regard qui appelle à insuffler un vent de révolte et d’espoir, une combativité douce, qui n’en démord pas.

 

Incisifs, les Volo le sont aussi quand il s’agit d’aborder nos existences. Que ce soit pour évoquer avec hardiesse et sincérité la possibilité d’accepter l’adultère (« Depuis quand ») ou même, à rebours des visions archétypales de la masculinité, de raconter une paternité active (« Heures pleines ») en décrivant un quotidien qui se déroule au rythme des « petits nez que l’on mouche » et des langes que l’on change.

Accompagnés par la finesse des arrangements instrumentaux d’Alexis Campet, les Volo déploient un univers sonore épuré et organique, où la « guitare Volo » rencontre des influences world et des rythmiques funk. Une simplicité recherchée, qui ne se départit pas du poétique, à l’image de « Chanson d’Automne », relecture onirique de Verlaine, délicatement posée sur des tonalités progressives et chorales.

 

Une collaboration que l’on retrouvera sur scène, puisque Alexis Campet rejoint les frères Volo en tournée. Dans la composition comme en live, les frangins et leur acolyte, inventent des concerts où leur soif d’échange et de dialogue est mise à l’honneur. Loin des effets de style et des panoplies marketing de la société du spectacle, ils s’imposent comme des artisans de la chanson, qui vivent avec leur auditoire une communion bienfaisante et salvatrice.